Cayeux sur mer

Le nom antique de la commune serait Caldus, elle prend le nom de Caldis au VIIe siècle et Caïeu au XIVe siècle. La commune prend le nom de Cayeux-sur-Mer par délibération du conseil municipal du 6 décembre 1868.

Le territoire est entre les mains de la seigneurie de Saint-Valery entre les XIe et XIXe siècles, une forteresse est d´ailleurs construite par le comte Guillaume. En 1475, Cayeux est détruite, sur les ordres du roi de France Louis XI, plutôt que d’être remise aux mains du roi d’Angleterre. En 1653, un incendie détruit la ville, de même qu’en 1727, où une manufacture royale de glaces est détruite. Le 23 juin 1780, le comte de Rouhault vend ses biens au Comte d’Artois ( frère de Louis XVI, et plus tard Charles X ).

Selon Anatole Mopin, au milieu du XVIIe siècle, Cayeux-Sur-Mer abrite 200 matelots pêcheurs. Jusqu’au début du XXe siècle, une grande partie de la population locale exerce l’activité de pêche, mais l’ancien village de Cayeux ne dispose pas de port et la plupart des bateaux doivent mouiller au port du Hourdel. Cette situation n’empêche en rien le débarquement du produit de la pêche sur la plage de galets : les barques remplies de la cargaison sont échouées sur les galets, où des chevaux attelés sont chargés de rejoindre, dans l’eau, les petites embarcations, à proximité des actuelles Chapelles des marins, rue de la halle qui servait de lieu de vente à la criée.

A la fin du XVIIIe siècle, une partie des pêcheurs de la commune voisine d´Ault vient s’installer à Cayeux, chassée du port d´Onival totalement englouti par les eaux, augmentant ainsi le nombre d’habitants de la commune. En 1929, un guide touristique comptabilise 16 bateaux à moteur et 12 bateaux à voile ce qui regroupe 66 marins. Associés à l’activité de pêche, nous trouvons des chantiers de construction navale, au nombre de quatre à la fin du XIXe siècle : Bocquet-Goret, les frères Cailleux, Lecoq et Devisme. Une corderie était située près de la gare : un petit chemin arboré garde encore actuellement en mémoire cette activité ( actuellement, «rue des corderies»). Une autre partie de la population vit du produit de la terre et surtout de l’élevage. Les cartes postales anciennes montrent de nombreux troupeaux de moutons parqués dans les prés-salés gagnés sur la mer. Comme à Ault, l’activité de serrurerie à domicile se développe au milieu du XVIIIe siècle. Cette fabrication employait 300 ouvriers en 1867, en 1904, elle en emploie encore 340, pour un salaire moyen qui varie entre 2 et 2,50 francs par jour. L’industrie du galet emploie quelques habitants appelés «les ouvriers à cailloux». Les galets, recueillis sur la plage, à main d’homme, sont transportés par voie de mer jusqu’au port de Saint- Valéry-sur-Somme, grâce à des radeaux nommés «plats bords». Avec l’arrivée du chemin de fer, les galets sont chargés sur des rails pour Decauville, reliant la plage à la gare par les rues Dumont-d’Urville et du Chevalier-de-la-Barre.

L’exploitation intense du galet remonte au milieu du XIXe siècle, alors que les manufactures de porcelaine anglaises ont besoin de silice. De nombreuses entreprises voient alors le jour : soit on prélève sur la plage, soit on exploite le galet dans des terres qui étaient recouvertes par la mer au moyen âge. En 1929, l´usine Sanson installe une usine de calcinage et de pulvérisation de galet cuit à Cayeux (Actuellement, usine Silmer). En 1939, 200 emplois dépendent du galet dans la commune. Enfin, les petits métiers, souvent féminins, sont fréquents à la fin du XIXe siècle : les verrotières ramassent les vers pour les besoins de la pêche, de même que d’autres cherchent des coques.

Dés 1870, Cayeux sur Mer se transforme en station balnéaire, elle est en effet la seconde station balnéaire à avoir été crée en France après Dieppe. C’est le temps des «Bains de mer» ou les dames issues de la bourgeoisie parisienne portaient de longues robes riches en broderie et se protégeaient des rayons du soleil grâce à des ombrelles lors de leurs promenades le long des cabines de plage, déjà présentes à cette époque !